Pourquoi utiliser des réseaux sociaux décentralisés ?

>> Temps de lecture moyen : 30 min.

>> Édit du 22/07/20 : « Riot » a été remplacé par « Element » qui est le nouveau nom de cette application.

Le web passe progressivement d’un espace ouvert pour la libre expression à une communauté fermée de plateformes privées appartenant à des entreprises. C’est pour tenter de contrer cette tendance que plusieurs initiatives ont émergées ces dernières années. Afin de ne pas se faire voler ce formidable outil public. Pour redonner de l’élan à la décentralisation du web et ne pas l’appauvrir.

L’une des réponses est le déploiement de réseaux sociaux décentralisés. On parlera aussi de « réseaux sociaux distribués ». Ce type de réseau ne dépend pas d’un seul acteur (entreprise, association, collectivité, particulier), mais de plusieurs.

Il est distribué via des nœuds d’hébergement (appelés « instances » ou « pod » en anglais). La fédération de ces différents nœuds est plus ou moins implicite selon les protocoles et les volontés de ses acteurs. Ce type d’architecture repose généralement sur des logiciels libres.

Qu’est-ce qu’un réseau social propriétaire & centralisé ?

Les réseaux sociaux propriétaires, comme FaceBook, YouTube, Twitter, LinkedIn, Pinterest etc… appartiennent en effet à l’entreprise qui les a développés. Les algorithmes des logiciels utilisés pour les faire fonctionner ne sont pas partagés publiquement.

Il n’est donc pas possible de les auditer pour vérifier qu’ils ne comportent pas de failles, ni de créer de nouvelles versions améliorées à partir ce ceux-ci ou de les redéployer ailleurs en toute indépendance.

> Centraliser pour mieux contrôler

Ces réseaux sont par nature centralisés. Tout, que ce soient les programmes les faisant fonctionner, comme les données des utilisateur⋅rices, restent entre leurs mains, avec une certaine opacité et impuissance quant à leurs utilisations. Et c’est là qu’est le problème.

> Épier pour mieux vendre

En effet, ces réseaux se financent généralement via l’espace publicitaire qu’ils vendent à des entreprises commerciales, tout comme à des associations politiques. Et pour que cet espace ait plus de valeur pour les acheteur⋅euse⋅s, ils n’hésiteront généralement pas à établir un profil pour chaque utilisateur⋅rice afin de permettre des publicités personnalisées.

À noter que le profil d’une personne ne se réduit pas aux seules informations qu’elle aura volontairement renseigné. Il inclura surtout toutes les traces de navigation et interactions qu’elle aura inconsciemment laissé.

En quoi est-ce un problème, seriez-vous peut-être tentés de me dire ? Et bien le fichage du mode de vie des individus, que ce soit par une entreprise ou un Etat n’est jamais bon pour une démocratie…. Même si « vous n’avez rien à cacher ». En effet, comme avait répliqué Edward Snowden, faudrait-il renoncer au droit à s’exprimer sous prétexte que l’on a rien à dire sur le moment ?

Avoir une vie privée est un droit inaliénable.

Et il est dangereux d’y renoncer, car comme a pu l’expliquer la lanceuse d’alerte Brittany Kaiser avec le scandale de Cambridge Analytica, ces collectes d’informations personnelles ont pesé de façon significative pour influencer les votes de l’élection de Donald Trump et du référendum sur le Brexit.

Qu’est-ce qu’un réseau social libre & décentralisé ?

Les réseaux sociaux libres appartiennent à nous toutes et tous : en effet, par « libre » on entend la mise à disposition publique des codes ayant permis de construire les logiciels sur lesquels ils reposent.

On utilise donc parfois aussi le mot « open source » ou « à code ouvert » pour souligner cet aspect.

Les codes peuvent donc être audités. Il est non seulement possible de les vérifier pour s’assurer que rien de louche n’y a été inséré, mais aussi de proposer des améliorations qui pourront être intégrées par l’équipe de développement. C’est d’ailleurs l’objectif initial !

Il s’agit de biens communautaires, développés grâce à la contribution d’une multitude de volontaires et protégés par une Licence Libre.

> Être transparent pour permettre de s’impliquer

C’est un peu comme publier une recette de cuisine, en fait.

On peut savoir ce qu’il y a dans le plat qu’on mange et suggérer des modifications. Tout le monde n’a certes pas toujours les connaissances nécessaires pour pouvoir identifier l’impact de certains choix, mais cette transparence reste essentielle. Elle laisse la porte ouverte et fait toute la différence avec les portes closes des logiciels propriétaires.

Les modifications que quelqu’un pourra suggérer ne seront pas forcément pris en considération par l’équipe de développement si celle-ci à d’autres priorités, mais elles pourront déboucher sur un autre projet qui sera nommé différemment, pour que l’on s’y retrouve. On appelle ça un « fork » en informatique.

> Décentraliser pour coopérer

Au lieu de tout regrouper sous une même autorité, l’idée est plutôt de laisser chacun⋅e s’investir pour répartir la charge de travail et les coûts.

Une multitude de bénévoles participent à leurs consolidations, mais aussi des salarié⋅e⋅s. Ces dernier⋅e⋅s peuvent être payé⋅e⋅s, entre autres, par des associations d’utilités publiques collectant des dons, ou encore par des entreprises privées souhaitant elles-mêmes utiliser ces outils de communication, et qui ont donc intérêt à les voir se développer.

> Nommer pour s’y retrouver

C’est aussi la raison pour laquelle, au lieu d’avoir un nom unique qui englobe tout, comme pour les réseaux sociaux propriétaires qui ont tout sur leur contrôle, sur les réseaux sociaux libres, on fera généralement la distinction entre :

  • le nom du réseau,
  • le logiciel utilisé pour le faire fonctionner sur les serveurs (= ordinateurs accessibles 24h/24 « servant » l’information demandée, comme celui des sites web),
  • les « instances » , « nœuds » ou « pods » , c’est à dire les adresses webs des serveurs auxquels on pourra se connecter pour s’inscrire et le rejoindre,
  • les applications existantes pour l’utiliser de son mobile ou ordinateur de bureau,
  • le protocole utilisé, c’est-à-dire le type de code que les ordinateurs utiliseront pour se transmettre l’information entre eux,
  • la fédération qui regroupe les réseaux et serveurs utilisant le même protocole.

Le nom du réseau proviendra généralement du nom du logiciel, comme c’est le cas pour Mastodon ou Diaspora.

Mais il peut parfois être celui du nom du protocole, comme c’est le cas pour Matrix détaillé ci-dessous, si cela s’avère plus pertinent.

> Fédérer pour unifier

Plusieurs organismes mettront donc à dispositions différents serveurs et ceux-ci seront regroupés au sein d’une même fédération pour former une unité.

Les réseaux sociaux libres dont le but premier est de permettre de s’exprimer via de courts messages publics utilisent le protocole ActivityPub. Ils sont regroupés au sein de la fédération appelée le Fediverse (Mastodon et Diaspora détaillés ci-dessous, en font tous les deux partis).

Le Fediverse n’incorporera donc pas les réseaux qui sont basés sur la messagerie instantanée, téléphonie internet (voix sur IP), ou visioconférence puisque la technologie utilisée (protocole) est trop différente.

> Laisser la liberté de choisir

La liberté implique le choix. Et cela peut-être déstabilisant quant on y est pas habitué. Pour rejoindre un même réseau social libre, il y aura en effet plusieurs routes possibles.

Mais au fond, c’est juste le même principe que les adresses e-mails qui se sont développées, elles aussi, avec un format ouvert. On choisit en effet son fournisseur d’adresse e-mail, et ensuite le moyen d’accéder à sa messagerie (via le web ou une application de son choix).

Pour chaque réseau libre présenté, il faudra donc choisir un fournisseur via lequel on pourra créer un identifiant, et ensuite choisir par quel biais se connecter (son navigateur web ou une application mobile / de bureau).

Sauf que pour les réseaux sociaux plutôt que d’utiliser le terme « fournisseur », on parlera plutôt d’ « instances », « nœuds » ou « pods ».

> Pas une, mais diverses applications possibles

Vous pouvez vous connecter à ces réseaux via une adresse web, ou une application téléchargée sur votre ordinateur ou votre mobile.

Sur votre mobile, vous disposez généralement d’un « catalogue d’applications » vous aidant à en trouver une. Celui-ci varie en fonction du système d’exploitation (macOS, Android, LineageOS…) installé sur votre téléphone.

Si vous avez un iPhone ou iPad, vous tournerez sur « iOS » et votre seul catalogue accessible sera App Store.

Pour les autres fabricants, le système d’exploitation installé sur votre téléphone sera très probablement « Android » et votre catalogue par défaut Google Play. Mais vous pourrez aussi choisir d’installer le catalogue de logiciels libres F-droid pour ne pas passer par l’omniprésent Google et avoir d’autres choix.

En tapant le nom du réseau dans votre catalogue, vous verrez la liste des applications disponibles que vous pouvez installer pour y accéder. Elles peuvent proposer différentes fonctionnalités, donc à vous de comparer selon ce qui vous importe.

Quel réseau social décentralisé choisir ?

Cela dépend de ce que vous souhaitez partager et comment. Je ne vais pas établir une liste exhaustive des différents réseaux sociaux libres qui existent, mais plutôt vous faire une brève présentation de trois de ceux qui m’ont plu et que j’ai adoptés.

Ils peuvent être utilisés de diverses manières, mais je mettrai en avant ce pour quoi je les recommande :


1. (S’) informer de l’actualité brièvement : Mastodon

Mastodon, c’est l’alternative libre de Twitter (avec cependant une interface beaucoup plus agréable et pragmatique, à mon goût !)

> Principe du microblog :

ll n’est possible de poster que des brèves de 500 caractères maximum (280 pour Twitter). Ce qui permet de facilement suivre les nouvelles publiées par un journal, une association, une collectivité, une personne, puisque les messages sont courts. Et pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet, un lien vers un article plus détaillé peut parfois être glissé.

Pour avoir un fil d’actualité personnalisé, on peut s’abonner aux comptes qui nous intéressent.

À mes yeux, il est plus adapté pour informer et s’informer que pour partager avec des proches. Donc si personne de votre entourage n’est sur ce réseau, ce n’est pas grave !!

Vous pourrez tout de même trouver des informations intéressantes à suivre sur les sujets qui vous intéressent, et surtout sur l’actualité.

Il est possible, entre autres de :

  • publier librement un message / photo / vidéo de façon publique ou privée (uniquement à ses abonné⋅e⋅s, ou aux personnes mentionnées, au choix)
  • rebondir en repartageant le statut (message publié) ou en le commentant
  • marquer un statut comme favori pour le retrouver plus facilement

> Rejoindre le réseau Mastodon :

Voilà un tuto qui vous présentera le réseau et vous aidera trouver une instance vous permettant d’ouvrir un compte : https://joinmastodon.org

Comme mentionné précédemment, vous n’avez pas besoin d’installer une application pour échanger sur ce réseau. Votre navigateur web (Firefox, Chrome etc…) vous suffit.

Mais si vous trouvez plus pratique d’utiliser une application mobile à la place, il suffit de taper « Mastodon » dans votre catalogue d’applications pour en trouvez une adéquate.

Vous pouvez aussi trouvez liste (non exhaustive) d’application possible sur : https://joinmastodon.org/apps

L’application Tusky est pas mal. Après l’avoir installé, il faut renseigner le nom d’une instance, par exemple framapiaf.org, mamot.fr ou encore mastodon.social et ouvrir l’onglet redirigeant vers la page web pour créer un compte et connecter son compte à Tusky.

A noter qu’il est possible de consulter le profil et suivre les messages publics d’une personne sans être sur ce réseau. Voici le mien, par exemple : framaspiaf.org/@unutao (je suis sur le réseau Mastodon via l’instance « framapiaf.org »).

 


2. Socialiser via des centres d’intérêt communs : Diaspora

Diaspora fonctionne un peu différemment de FaceBook et Instagram, mais on y retrouve les mêmes objectifs initiaux et quelques fonctionnalités communes :

  • partager publiquement ou avec ses différents cercles sociaux, en choisissant à quelle liste de personnes prédéfinie une publication sera visible,
  • retrouver aisément les personnes partageant les mêmes centres d’intérêt (avec Diaspora, on peut s’abonner à des #hashtags)
  • écrire sans limite sur la longueur du message ou sur la quantité de photos postées au sein de celui-ci.

> Partager vs s’abonner :

Plutôt que de s’abonner, on choisira de partager avec quelqu’un, pour que nos publications apparaissent dans son fil d’actualité. Ce réseau est donc moins adapté que Mastodon, à mon sens, pour un organisme ou un⋅e professionnel⋅le qui voudrait publier des nouvelles régulières sur son activité et laisser les personnes s’abonner librement.

Mais il sera idéal pour partager avec des proches, pour suivre l’actualité d’un thème (par ex #economie-solidaire, #retraites), évènement (#solstice, #greve5decembre), activité (ex #photo-nature, #jazz…) et surtout rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt.

À noter : Diaspora n’affiche donc pas le nombre d’ « ami.e.s » que quelqu’un⋅e aura. Cela ne regarde en effet que vous. 😉

> Rejoindre le réseau Diaspora :

Si vous êtes tenté⋅e⋅s d’en savoir plus et de tester, voici une bonne introduction : https://diasporafoundation.org

Pour rejoindre et ouvrir un compte sur Diaspora, il vous faudra choisir « un pod » (= instance / serveur mis à disposition par un organisme faisant tourner Diaspora). Jusqu’à fin 2020, vous pourrez encore choisir celui d’association lyonnaise Framasoft : https://framasphere.org

Comme pour Mastodon, une fois votre compte ouvert, si vous préférez passer par une application mobile plutôt que via votre navigateur web, tapez juste le nom du réseau, « Diaspora », pour voir les différentes applications proposées dans votre catalogue d’applications et choisir celle qui vous plaît le plus.

En ce qui me concerne, via le catalogue F-droid, j’ai choisi l’application Dandelion, que l’on peut avoir en français et que je trouve pas mal.

De même que pour Mastodon, il est possible lire les publications de quelqu’un⋅e, sans être sur ce réseau. Voici comment cela se présente : framasphere.org/u/unutao

 


3. Discuter au sein d’un groupe : Matrix, via Element

> Des salons pour discuter

Le réseau Matrix est une alternative ouverte, libre et sécurisée à WhatsApp, Skype, Facebook Messenger ou encore Discord.

Il s’agit de communications en temps réel, c’est à dire les discussions via des messages instantanés appelées « (t)chat », via la téléphonie via internet appelée VoIP (Voice over IP) ou encore les appels vidéos (visioconférence).

L’objectif premier est de discuter en privé ou au sein d’un groupe, plutôt que de publier des informations visibles sur le web. C’est pour cette raison qu’en dehors des discussions en tête-à-tête, ce type de réseau est organisé en « salons » dans lequel on invitera d’autres personnes à nous rejoindre pour échanger. Ces salons peuvent avoir une thématique et être regroupés au sein d’une « communauté ».

> Des identifiants pour se retrouver

Il n’est pas nécessaire de donner son numéro de téléphone pour s’inscrire. Seulement son adresse e-mail, afin de pouvoir réinitialiser son mot de passe au besoin.

Les identifiants Matrix sont sous la forme @pseudo:adresseduserveur, donc par exemple, en ce qui me concerne, cela sera @meldane:matrix.org

> Décentraliser & fédérer pour libérer

Matrix est un réseau qui a pour ambition de décentraliser et fédérer les communications en temps réel,

À l’heure actuelle, plusieurs réseaux propriétaires existent et portent le nom de l’application qui permet d’y accéder : WhatsApp, Skype, Facebook Messenger ou encore Discord, Slack…

Hormis les réseaux-logiciel propriétaire précités, d’autres logiciels libres ont aussi été développés dont Signal et Telegram. Mais ces derniers ne mènent pas à un réseau social décentralisé et fédéré pour autant. Ils restent dans un circuit fermé car ils n’utilisent pas un protocole ouvert le permettant.

Matrix si. C’est d’ailleurs du nom du protocole ouvert utilisé que le nom du réseau tire son nom cette fois. C’est cette interopérabilité qui en fait un réseau unique avec un plus fort potentiel.

Voilà la présentation qu’Amandine Le Pape, la cofondatrice de Matrix en a fait en 2014, à ses tous débuts :

> Des échanges sécurisés

Cette liberté et flexibilité permet aussi une plus grande maîtrise des échanges.

Et c’est l’une des raisons pour laquelle le gouvernement français l’a adopté pour ses propres communications internes, comme le confirme la circulaire du secrétariat d’État chargé du numérique du 24/04/2018.

La possibilité de chiffrer les communications et garantir la confidentialité est aussi bien évidemment un des points majeurs qui font sa valeur.

Pour échanger avec des proches, un groupe d’ami⋅e⋅s définie ou la famille, avoir un salon privé chiffré permet donc de se donner des nouvelles très personnelles avec des photos et courtes vidéos, en toute sérénité.

Pour rappel, Signal permet d’échanger en groupe en chiffrant les communications, mais ne peut pas être installé facilement sans avoir un compte Google et un smartphone. Il en va de même pour Telegram, mais qui en plus ne chiffre que les discussions à deux, pas celles de groupe.

> Element comme porte d’entrée

Element est le nom de l’application qui permet de le rejoindre le plus facilement. C’est en effet la plus aboutie à l’heure actuelle. Mais le champs a été laissé libre pour permettre justement d’en développer d’autres justement..

Element est disponible sur tous les catalogues d’applications, mobiles ou de bureau, mais aussi via le web, sans téléchargement : https://app.element.io/#/welcome

Voici un guide qui peut aussi aider à mieux se familiariser avec cet outil (Riot est l’ancien nom d’Element) : https://i4m.fr/lecture-tutoriel/s-inscrire-et-se-connecter-sur-le-serveur-riot-de-i4m

Element est aussi particulièrement adapté pour le travail d’équipe car il permet notamment, en dehors de la discussion, de travailler sur des documents en commun. Je détaillerai ces possibilités dans un prochain article…


Conclusion

En bref, je recommande :

  • Mastodon, pour avoir une vue d’ensemble de l’actualité qui nous interesse,
  • Diaspora pour socialiser selon les affinités,
  • Matrix (via Element) pour avoir des discussions confidentielles et / ou de groupe, par écrit, audio ou vidéo, se transmettre des documents.

Bonnes découvertes et peut-être à bientôt sur ces réseaux ! 😉


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