L’écriture inclusive, c’est quoi ?

Il n’est peut-être pas évident de toujours prendre conscience à quel point les phrases répétées et normalisées peuvent avoir un impact sur notre inconscient et sur la façon dont nous nous projetons au sein de la société.

« Le masculin l’emporte sur le féminin« , cette fameuse règle de grammaire, que l’on nous assène depuis l’enfance comme une vérité à intégrer au plus tôt et qui pourtant n’existerait que depuis le 17è siècle :  «Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif.» (Dupleix, Liberté de la langue françoise, 1651).

« Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes.« , le rappellent ces 314 enseignant.e.s qui ont annoncées publiquement que l’écriture inclusive et l’accord de proximité seraient dorénavant utilisés dans leurs cours.

Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, voici une vidéo qui l’explique plus en détail :

Alors n’en déplaise à notre 1er ministre qui vient de la bannir pour « des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme » ou Raphaël Enthoven qui s’exerce tant bien que mal à vouloir la ridiculiser, ils ne pourront pas empêcher ce vent nouveau, car une langue parlée est une langue vivante qui évolue, par définition. Elle est le reflet la société qui l’utilise. Nous sommes plusieurs à avoir commencé à l’adopter, et on ne pourra pas nous l’empêcher. 😛

Pour plus d’indication pratique sur son emploi, voici un excellent Manuel d’écriture inclusive.

 

Nous grandissons aussi avec l’idée que les femmes seraient incluses dans le mot « Homme », avec un grand H, nous dit-on, pour minimiser le besoin que les filles et les femmes peuvent avoir à se sentir représentées. On nous apprend en effet les « Droit de l’Homme et du Citoyen », et comme l’actualité nous l’a rappelée, avec la parole des femmes qui se libère face à une culture qui n’a fait que banaliser le harcèlement sexuel jusqu’à present, ce sont en effet les droits de l’homme qui l’emporte sur le féminin.

À force de nous avoir enseigner l’Histoire des Hommes, on a aussi trop souvent oublié de nous faire découvrir les femmes qui ont influencé l’histoire de l’humanité.

Combien de de grands hommes pourriez-vous citer ? En comparaison, combien de grandes femmes ? (Si vous les résumez à Jeanne d’Arc, il y a une sacré urgence à réformer les livres d’histoire….)

Pour aider à mettre les choses en perspective, voilà cette vidéo humoristique qui inverse les rôles 😉 :

Oui, nous voulons être reconnues dans le rôle que nous avons joué dans l’histoire de l’humanité, représentées en politique, dans le management, les sciences, les hautes technologies et le sport. Pouvoir être l’héroïne d’un film d’action ou d’un jeux vidéo en mettant en avant nos capacités d’aventurières et notre goût du risque sans avoir à dévoiler nos formes.

Et oui en tout premier lieu, nous avons besoin d’exister dans la langue que nous utilisons pour communiquer. Alors tant pis si certain.e.s souhaitent s’accrocher à ce qui a toujours été. Cela n’empêchera pas les autres d’avancer ! 😉

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